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ÉnergieJuin 2026

TotalEnergies en Irak : un pont énergétique entre deux rives

Un investissement, deux rives, un même avenir.

TotalEnergies en Irak : un pont énergétique entre deux rives

En septembre 2025, TotalEnergies et QatarEnergy ont lancé la construction des deux derniers grands volets de leur projet phare en Irak : une usine de traitement d'eau de mer et la phase 2 du redéveloppement du champ pétrolier de Ratawi. Avec ces signatures, l'ensemble du Gas Growth Integrated Project (GGIP) entre en phase d'exécution. Derrière les chiffres, c'est une certaine idée de la coopération entre l'Europe et l'Irak qui prend forme — concrète, durable, et profitable aux deux rives.

Le projet en bref

Le GGIP est l'un des plus importants investissements occidentaux jamais engagés en Irak. Il est porté par un consortium réunissant TotalEnergies (45 %, opérateur), la Basra Oil Company (30 %) et QatarEnergy (25 %). Sa logique est celle d'une stratégie multi-énergies : valoriser durablement les ressources naturelles du pays pour améliorer sa fourniture en électricité, renforcer son indépendance énergétique et réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Le programme repose sur quatre piliers complémentaires, désormais tous en construction :

  • Le gaz naturelrécupérer le gaz aujourd'hui brûlé à la torche sur plusieurs champs pétroliers du sud du pays pour le réinjecter dans le réseau et alimenter des centrales électriques, au lieu de le gaspiller.
  • Le pétrolele redéveloppement du champ de Ratawi, cœur productif du projet.
  • Le solaireune centrale solaire de grande capacité près de Bassorah, qui inscrit le projet dans la transition énergétique.
  • L'eauune usine de traitement d'eau de mer pour soutenir durablement la production des réservoirs.

Les deux derniers volets lancés en septembre 2025

L'usine de traitement d'eau de mer sera construite sur la côte, à proximité de la ville d'Um Qasr. Elle traitera et acheminera jusqu'à 5 millions de barils d'eau de mer par jour vers les principaux champs pétroliers du sud de l'Irak. Cette eau, injectée dans les réservoirs, permet de maintenir la pression et donc la production des gisements — tout en préservant les rares ressources en eau douce du pays, un enjeu vital dans une région exposée au stress hydrique.

Le redéveloppement du champ de Ratawi, lancé en septembre 2023, monte en puissance par étapes. La phase 1 vise à porter la production jusqu'à 120 000 barils par jour, avec une entrée en production attendue début 2026. La phase 2, qui correspond au développement complet du champ, permettra d'atteindre 210 000 barils par jour à compter de 2028.

Pourquoi c'est un pont entre l'Europe et l'Irak

Ce projet est emblématique de ce que peut produire une coopération euro-irakienne bien conçue. TotalEnergies, acteur énergétique européen majeur, apporte capitaux, technologie et standards internationaux à un pays qui en a besoin pour moderniser son secteur. En retour, l'Europe gagne un ancrage stratégique dans une grande nation pétrolière et gazière.

L'intérêt dépasse largement le seul cadre énergétique. En aidant l'Irak à valoriser son propre gaz et à produire davantage d'électricité, le projet contribue à réduire sa dépendance aux importations de ses voisins — un facteur de souveraineté pour Bagdad et de stabilité régionale pour tous. Le volet solaire, lui, rejoint directement les priorités européennes de transition et de décarbonation. Énergie fossile valorisée plus proprement, énergie renouvelable déployée, gestion de l'eau maîtrisée : le GGIP réunit, sur un même territoire, les grands défis que l'Europe et l'Irak ont en partage.

C'est précisément la conviction qui anime European Mesopotamia Alliance : le rapprochement entre les deux rives n'est pas un horizon lointain, il crée déjà de la valeur. Le pont n'est pas une métaphore — il se construit, projet après projet.

La valeur partagée : un modèle gagnant-gagnant

Pour l'Irak, les bénéfices sont multiples et tangibles :

  • Monétiser un gaz aujourd'hui parti en fumée, qui représente chaque année des milliards de dollars perdus.
  • Renforcer une production électrique chroniquement insuffisante, au bénéfice direct des habitants et des entreprises.
  • Réduire la facture des importations d'énergie.
  • Créer des emplois, des compétences et des infrastructures durables.
  • Diminuer les émissions liées au torchage.
  • Amorcer une diversification vers le renouvelable.

Pour TotalEnergies et l'Europe, le projet sécurise un accès de long terme à des ressources stratégiques, génère un retour attendu sur un investissement majeur, et diversifie les revenus entre pétrole, gaz et solaire — contribuant à la résilience de l'approvisionnement énergétique européen.

Chacun y trouve son compte : l'Irak gagne en autonomie énergétique et en développement, l'Europe en accès et en stabilité. C'est la définition même d'un partenariat équilibré — et la meilleure illustration du message que porte EMA.

Ce que cela signifie pour EMA

Le GGIP montre la voie. Là où l'on parle souvent de distance entre l'Europe et l'Irak, des acteurs bâtissent au contraire des liens concrets, créateurs d'emplois, d'énergie et d'avenir. C'est cette dynamique qu'EMA entend accompagner et amplifier : faire dialoguer les acteurs, ouvrir des portes et soutenir les projets qui laissent une empreinte durable, sur les deux rives.

Chiffres clés
TotalEnergies
45 % — opérateur
Basra Oil Company
30 %
QatarEnergy
25 %
Ratawi phase 1
120 000 b/j — début 2026
Ratawi phase 2
210 000 b/j — 2028
Usine eau de mer
5 M barils/jour — Um Qasr

Cet article accompagne l'épisode du podcast « Le Pont », présenté par Sarmad Al Saffar — les conversations qui relient l'Europe et l'Irak.

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